A gauche du PS !

Quelles leçons retenir à la suite du vote du PLFSS en 2ème lecture par l’Assemblée Nationale le 9 décembre ? En dehors des votes d’opposition des groupes LFI, RN et ses alliés de l’UDR, l’abstention de députés issus du NFP (Ecologistes et Social : 26 abstention, 9 contre, 3 pour ; Communistes et apparentés : 5 abstention, 10 contre, 1 pour) pose question. En effet, elle constitue un soutien par défaut à la continuité gouvernementale, un ralliement de facto à la Macronie à l’agonie ! Comme le défendait Sandrine Rousseau à l’issue de ce vote.

Plus grave encore est l’attitude ambivalente du PS qui a rompu défnitivement les liens du NFP puisqu’il n’aura pas voté contre, mais en faveur avec 63 députéEs et seulement 6 abstentions. A l’issue de ce vote, peut-on encore croire que le Parti Socialiste défend une ligne d’opposition à la Macronie ? En choisissant la compromission, et non le compromis, les 67 députéEs issuEs du NFP qui ont voté POUR ce PLFSS 2026 choisissent de faire perdurer le pouvoir macroniste. Voter “Pour” ce PLFSS, même amendé de quelques mesures symboliques, revient à soutenir la politique du gouvernement Lecornu-Macron. Comme le confirme Cambadélis, l’éminence grise de la face cachée du Hollandisme, dans son billet hebdomadaire sur “Le budget, le PS, et la présidentielle.  (…) « Cela la fout mal » alors que le député de Seine-et-Marne (ndlr : Olivier Faure, Premier secrétaire du PS) a une pratique réformiste au Parlement, pire, il bâtit et revendique un compromis avec le pouvoir macroniste”.

Il y a bien des mesures emblématiques qui auraient dû marquer un point de rupture : par exemple, le report de la mise en oeuvre de la réforme des retraites adoptée par 49.3 par le  Gouvernement Borne-Macron, présenté comme une victoire en demi-teinte alors qu’il s’agit d’une esbrouffe de plus. 

Une défaite de plus

Une autre mesure “symbolique” aurait pu servir de justification à une absence de compromis, notamment pour le groupe Ecologiste et Social : Celle de l’affichage obligatoire du Nutri-score, qui s’appuie sur des travaux scientifiques robustes (avec plus de 150 études qui valident son intérêt et son efficacité). 

A la suite de la pétition contre la Loi Duplomb, avec PEPS, on espère toujours que la pression populaire et sociale (celle des consommateurs, des patients, des acteurs de santé, des ONGs concernés) puisse contrecarrer dans l’hémicycle la puissance des lobbys de l’agro-alimentaire (Ferrero, Lactalis, Coca-Cola, Mars, Mondelez, Danone, Kraft, Unilever international etc… s’opposant à ce qu’ils considèrent nuire à leurs intérêts économiques). 

Pourtant, le vote du PLFSS consacre cet abandon, ce énième renoncement, ce report pour quelques mois ou années d’une mesure utile à la lutte contre les maladies chroniques qui ont un coût humain, social et économique considérable pour le budget national. 

Et disons-le franchement, le Nutri-score ce n’est pas la révolution du Grand soir pour anéantir les forces de la malbouffe, mais un éclairage utile aux pauvres pour savoir qu’ils s’empoisonnent car ils n’ont pas les moyens d’acheter des produits de qualité.

L’affichage obligatoire du Nutri-Score sur les emballages des aliments (même après exclusion des produits AOP/IGP) avait été votée en 1ère lecture par cette même Assemblée Nationale le 7 novembre dernier et par la commission des Affaires sociales en 2ème lecture le 29 novembre !

Ce manque de cohérence de la part des Ecologistes ne nous étonne pas, car nous voyons là dans une simple mesure d’affichage du Nutri-score que le compte n’y est pas, et que, lors du vote d’une loi aussi importante que le PLFSS, s’abstenir finalement c’est aussi consentir !

Tous ceux et toutes celles qui placent la défense du bien commun avant les intérêts spécifiques des multinationales vont continuer à agir et se battre pour faire triompher la gauche et, avec PEPS, l’écologie populaire et sociale !

Le communalisme qui vient

Il y a une gauche, qui allie communistes, écologistes, socialistes, insoumis et radicaux libertaires, qui fédère des syndicalistes de tous horizons, des associatifs du mouvement de l’économie sociale et solidaire, des acteurs indépendants du champ socio-culturel, de la transition écologique, pour une société ouverte, pour une démocratie réelle, pour une société de coopération, tous et toutes en lutte contre le fascisme, le patriarcat, le racisme, le validisme, contre le mercantilisme d’un capitalisme prédateur ravageant la planète et condamnant ainsi les générations futures. Nous savons qu’un autre monde est possible, nous savons qu’un autre monde est nécessaire et qu’il doit advenir… sauf à continuer plus vite la tête baissée et les yeux fermés dans le mur des illusions de “la guerre salvatrice” que d’autres appelleront apocalypse ou d’un grand effondrement planétaire. Une menace réelle, mise en oeuvre par le Trump-Poutinisme !

Nous savons que la démocratie se construit localement, nous savons que nos gestes du  quotidien sont au coeur de la machine, nous savons que les solutions portées collectivement sont plus efficaces, utiles et porteuses d’espérances à court terme. 

Les élections municipales du 15 et 22 mars 2026 peuvent constituer le moment historique pour refonder “A gauche du PS”, une dynamique nationale qui définirait le projet politique d’une gauche débarrassée de ses contradictions en son sein, un courant fédérateur qui sortirait des clivages d’apparence et des rivalités sectaires dans la cohérence d’un programme politique et dans la cohésion d’une stratégie pour sortir de la 5ème République et instaurer une démocratie écologique conviviale.

On le sait, il existe en France, une gauche ancrée dans la multitude, sur le terrain, qui a fait la démonstration de sa capacité à se mobiliser fortement entre le 9 juin et le 7 juillet 2024, d’abord pour empêcher la vague “bleue marine” du RN et ses alliés, et aussi pour s’opposer à la dérive du pouvoir macroniste. Cette gauche existe toujours, même si le NFP a été enterré ce 9 décembre à l’Assemblée nationale. Elle est encore en mouvement dans les assemblées locales du NFP, on l’a vu le #10septembre puis le #18septembre, et elle resugira bientôt à coup sûr.

“A gauche du PS – Pour une écologie populaire”   

“A gauche du PS” sert à souligner une évidence : Le PS n’est pas à gauche.

“A gauche du PS” constate une réalité : le PS n’est pas de gauche, car le PS est macroniste. 

“A gauche du PS” vise à s’assurer que la gauche ne trompe pas ses partisanEs et son électorat en trahissant ses engagements. 

“A gauche du PS” ne cherche pas à placer LFI hors du champ de la gauche de gouvernement ou en dehors de l’arc Républicain, mais à l’établir comme la force centripète de la gauche. 

“A gauche du PS” se fixe pour objectif de faire gagner la gauche populaire et unitaire, en 2027.

“A gauche du PS – Pour une écologie populaire” avec PEPS.

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Analyse du vote du PLFSS (2ème lecture)

https://www.assemblee-nationale.fr/dyn/17/scrutins/4696

Analyse du vote du PLFSS (lecture définitive)

https://www.assemblee-nationale.fr/dyn/17/scrutins/4758

Vote sur le rejet du Nutri-score

Vote du PLFSS en lecture définitive :