Communiqué: Hommage à Susan George et Leila Shahid, un héritage en action

C’est avec une tristesse profonde mais une colère constructive que la PEPS salue la mémoire de deux géantes de la résistance internationale disparues cette semaine : Susan George et Leila Shahid. Pour nous, militantEs des quartiers populaires et écologistes sincères, ces deux consciences ne s’éteignent pas : elles deviennent des munitions pour les combats à venir.

La lutte des quartiers : Front pionnier de la résistance

Pour PEPS, l’héritage de Susan et Leila ne se limite pas aux salons de conférence. Il vit là où l’on étouffe : dans nos banlieues, nos cités et nos quartiers relégués.

Antifascisme et Antiracisme: Elles ont compris, avant beaucoup, que le fascisme ne meurt jamais tout à fait, mais se réinvente sous les traits du nationalisme excluant et du racisme systémique. Elles ont fait barrage de leur corps et de leurs mots contre toutes les formes de haine et d’exclusion.
Elles savaient que le racisme systémique n’est pas un accident, mais un outil du capitalisme pour diviser le prolétariat. La lutte des quartiers populaires contre les violences policières et les discriminations est le miroir exact des luttes de libération nationale qu’elles ont soutenues.

Écologie de rupture contre l’ordre libéral: Pour elles, l’écologie n’était pas une question de « petits gestes », mais une lutte frontale contre un ordre libéral extractiviste et financier qui sacrifie le vivant sur l’autel du profit. Protéger la terre, c’était d’abord protéger ceux qui la cultivent et la défendent contre l’accaparement capitaliste. Comme le soulignait Suzan George, pionnière de l’altermondialisme, l’écologie populaire est une lutte de classes mondiale.

Cette lutte de classe commence contre le bétonnage libéral : L’écologie que nous portons, inspirée par Susan George, n’est pas une préoccupation de centre-ville. C’est la lutte contre la pollution qui frappe d’abord les plus pauvres, contre la vie chère et pour une souveraineté alimentaire dans les déserts alimentaires de nos cités. C’est une écologie de rupture, indissociable de la réappropriation des moyens de production.

Décolonisation et Antisionisme : De Gaza à nos banlieues

Alors que la répression s’intensifie avec des projets liberticides comme la loi Yadan, PEPS réaffirme que la cause palestinienne est le cœur battant de la dignité mondiale.

Leila Shahid a porté la voix d’un peuple qui refuse de disparaître. Dans nos quartiers, cette voix résonne particulièrement : nous voyons dans le système d’apartheid et de colonisation en Palestine une forme paroxystique de la domination que subissent les peuples du Sud et leurs diasporas ici.

L’antisionisme n’est pas une option, c’est un devoir décolonial. PEPS dénonce toute tentative législative visant à criminaliser la solidarité avec la Palestine et réaffirme que la justice pour Gaza est indissociable de la justice pour nos quartiers.

Face à l’ordre libéral : Reconstruire par la base

Contre la finance globale qui dévaste les services publics dans nos zones urbaines sensibles, Susan George nous a appris à « démasquer l’adversaire ». L’ordre libéral n’est pas une fatalité, c’est un système qui s’appuie sur l’exploitation des travailleurs et la stigmatisation des quartiers populaires pour se maintenir.

PEPS appelle à transformer le deuil en action. Nous n’honorons pas des icônes, nous reprenons des outils de combat.

« Le combat continue, pour nos frères et nos sœurs, pour ceux qui sont tombés et ceux qui se lèvent. »

Suzan, Leila, votre héritage ne sera pas trahi. Il sera porté par la jeunesse des quartiers, par les ouvrierEs et par toutes celles et ceux qui refusent de baisser la tête.

« Le Combat Continue » — Idéal J / Kery James

« On lâche rien, Walou » — HK & Les Saltimbanks

La lutte continue. Notre détermination est totale.

PEPS, le 20 février 2026