Ritchy est libre !
Ce vendredi 30 novembre 2026, la cour d’appel a décidé que notre camarade devait sortir de détention provisoire. Les avocats ont fait valoir ce qui devrait être une évidence : on n’ emprisonne pas pour des mots.
Les militants et sympathisants de PEPS se réjouissent de cette situation qui constitue pour nous tous un grand soulagement. Mais nous avons conscience que cette victoire ne doit pas nous endormir : le combat pour soutenir Ritchy et, plus généralement, pour lutter contre la répression, n’est pas terminé.
L’histoire de PEPS est étroitement liée à celle de Ritchy. Il est un membre actif et un des porte-parole, tâche dont il s’est acquitté sans relâche, et tâche qui lui a aussi valu la répression inique contre laquelle nous nous élevons.
A PEPS, nous sommes donc tout particulièrement émus par sa situation. Le harcèlement qu’il subit, l’autoritarisme d’un état qui prépare l’arrivée du fascisme et le système carcéral sont autant de dispositifs diamétralement opposés aux valeurs que nous défendons.
A PEPS, nous sommes communalistes. Nous sommes convaincus que l’émancipation des peuples ne peut venir que du « bas », à l’échelle de la commune.
A ce titre, nous sommes convaincus que la démocratie ne peut qu’être directe, c’est-à-dire exercée par les populations et non par des pseudo-représentants élus au suffrage universel.
Nous sommes donc pour un pouvoir populaire par la démocratie directe des assemblées et la démocratie économique des communs.
A PEPS, nous ne voulons pas de bourgeoisie, même de « gauche ». Mais nous ne voulons pas plus d’une avant-garde éclairée qui nous dirait comme faire la révolution et comment gérer nos vies. Au contraire, nous appelons à l’auto-organisation des peuples.
Ce sont ces valeurs qu’a défendues Ritchy, depuis qu’il a connu les ronds-points des gilets jaunes à 14 ans, jusqu’à son soutien pour les mouvements spontanés de lycéens.
Ritchy ne prétend pas faire partie d’une avant-garde. Ritchy est parmi les personnes qu’il défend. Il est ceux qu’il défend.
En réalité, Ritchy n’est pas enfermé parce qu’il serait un prétendu émeutier ou qu’il aurait proféré des menaces de mort à l’encontre de Macron. Tout ceci n’est qu’un prétexte. Ritchy est encristé par ce qu’il enjoint chacun à être libre. Or, la liberté est ce qui fait le plus peur au pouvoir d’état, car elle est ce qui remet en cause sa légitimité et son existence. De manière générale, la liberté est ce qui fait peur à tous ceux qui croient au pourvoir d’état et qui s’y soumettent.
Dans le film Easy rider de Dennis Hopper, George explique à Billy pourquoi les hippies sont harcelés : « Ce n’est pas de vous qu’ils ont peur, mais de ce que tout ça représente pour eux. Ce que vous représentez pour eux c’est la liberté […] Ils vous font des grands discours sur la liberté individuelle, mais quand ils rencontrent quelqu’un de vraiment libre, ça leur fout la trouille et ils deviennent dangereux. ». La liberté de Ritchy effraie ceux qui, même aux manettes du pouvoir, ne seront jamais libres.
En réalité, nous pouvons tous être libres. Nous n’avons pas besoin du pouvoir de l’État, c’est lui qui a besoin de nous pour survivre. Ritchy ne paie pas pour avoir appelé à la violence. Il paie pour avoir émis une simple vérité.
A PEPS, nous défendons aussi l’écologie sociale, c’est-à-dire, une écologie soucieuse des organisations économiques, sociales et collectives. Ritchy fait bien plus que défendre cette cause, il l’incarne dans sa chair.
Ritchy est issu de familles Tsiganes, peuples qui se défient de la propriété foncière. On se souvient de la chanson du groupe punk rock les Béruriers noirs : « Les gadjis t’ont loué une décharge publique, mais la terre n’est à personne, ni au juge ni aux flics ». Cette phrase pourrait définir l’écologie sociale, et Ritchy la porte haut et fort.
De fait, c’est donc aussi parce qu’il est un voyageur, que Ritchy a été enfermé. Et que peut-on faire de pire que d’enfermer un voyageur. Le racisme systémique d’état s’est abattu sur notre camarade de la façon la plus féroce.
Bien sûr, Ritchy est un camarade et un ami, et son sort nous a tous meurtris. Les conséquences du harcèlement judicaire dépassent en outre la privation de liberté. Elles concernent la poursuite de ses études, la conservation de son emploi et de son logement.
Aujourd’hui, grâce à ses avocats, grâce aux multiples soutiens et grâce à son courage, Ritchy est sorti de détention provisoire. Ritchy, sois bien venu parmi nous.
Mais rien n’est terminé pour autant. Ne nous endormons pas, car la répression reste bien éveillée. Et le 9 décembre, un procès attend Ritchy Thibault.
PEPS Soutiendra son Camarade tant qu’il sera frappé par l’oppression, sous toutes ses formes. Par solidarité, par amitié, par fraternité.
Nous le répétons :
PEPS encourage les rassemblements et les actions de protestation pacifiques en soutien à notre camarade.
- Les rassemblements comme celui du 30 octobre
- Les tribunes et les pétitions, comme celles qui ont déjà circulées
- Les prises de paroles.
Nous appelons les élus de gauche à prendre publiquement et fermement position pour la liberté de Ritchy. Sa liberté de mouvement, sa liberté de paroles, sa liberté de poursuivre ses études.
Aucun différent, passé ou présent, idéologique, tactique, professionnel ou personnel, ne justifie quelque timidité dans ce combat.
Mais le cas de Ritchy doit aussi nous rappeler ce contre quoi nous nous battons : le capitalisme, le racisme, le colonialisme, la privation des libertés collectives et individuelles. La situation de Ritchy nous rappelle que ces luttes sont aujourd’hui criminalisées.
La « justice » ne s’arrêtera pas à Ritchy Thibault. Elle vise tous ceux qui réclament la liberté et le pouvoir populaire. Ce qu’a vécu notre camarade est une menace pour notre liberté à tous.
Et c’est justement pour cela qu’il ne faut rien lâcher. Alors, camarades : Ne lâchons rien, jamais. Défendons l’idée d’une révolution lente, continue et permanente.
Pour finir, soulignons ce qu’a, malgré tout, permis la situation de notre camarade.
Car Ritchy a déjà éveillé un nouvel espoir pour ceux qui l’ont rencontré à Fleury Mérogis. Un espoir pour ceux que la pauvreté, les discriminations, l’indigence de l’éducation et de la psychiatrie ont un jour conduit derrière les barreaux. Les prisonniers qui ont rencontré Ritchy ont vu se rallumer en eux une flamme : celle de la liberté.
Comme le PEPS, Ritchy défend l’abolition du système carcéral, la fin des prisons.
Pour toutes ces raisons:
Vive la liberté
Vive Ritchy
Vive la commune