De Minneapolis à Ménilmontant : quand l’État étouffe, les peuples se défendent

De Minneapolis à Ménilmontant : quand l’État étouffe, les peuples se défendent

Il est toujours commode de dénoncer les exécutions extra-judiciaires de l’ICE aux États-Unis, en pointant du doigt la brutalité du régime trumpiste. Il est en revanche beaucoup plus inconfortable de regarder la poutre qui empêche toute introspection critique dans notre propre pays. Car la France n’est ni étrangère ni immunisée contre ce glissement autoritaire : elle en est aujourd’hui l’un des laboratoires les plus hypocrites.

Sous couvert de lutte contre l’immigration dite “clandestine” et de “guerre contre le trafic de stupéfiants”, une partie de la police agit désormais en roue libre, galvanisée par une idéologie du soupçon permanent et de la force décomplexée. Cette violence n’est ni accidentelle ni marginale : elle est structurelle, encouragée par un discours politique qui légitime l’exception, l’arbitraire et l’impunité.

À quelques jours d’intervalle, un même continuum s’est imposé entre Minneapolis et Ménilmontant. Dans les deux cas, une police violente et raciste mène la chasse aux populations jugées indésirables – immigrés, sans-papiers, habitants des quartiers populaires, consommateurs de stupéfiant – avec la bénédiction tacite, voire explicite, de leurs autorités.

Un détail, à la fois glaçant et obscène, relie ces scènes : à Minneapolis, George Floyd implorait “I can’t breathe” sous le genou d’un policier ; à Paris, à Ménilmontant, le travailleur immigré mauritanien El Hacen Diarra gémissait “vous m’étranglez, là”. Même suffocation. Même déni d’humanité. Même silence institutionnel après coup.

Les circonstances de la mort d’Alex Pretti et de Renee Good sont odieuses, intolérables, scandaleuses, en ce qu’elles sont révélatrices de cet arbitraire policier qui ne s’applique généralement qu’aux populations discriminées. Ainsi, ces assassinats décuplent l’opprobre, car tout le monde peut s’identifier à ces deux personnes, “comme nous”, une mobilisation qu’on peine à observer en France après la mort d’El Hacen Diarra.

Dans la nuit du 14 au 15 janvier, des policiers de la brigade territoriale de contact décident, sans raison apparente, de contrôler un homme assis calmement à l’entrée d’une rue pavée du 20ᵉ arrondissement. Il habite à deux pas, dans un foyer de travailleurs migrants. Le contrôle dégénère en passage à tabac. Les images filmées par des riverains, puis le rapport d’autopsie, ne laissent plus place au doute, comme le relate en détail le site Contre Attaque : fracture de la thyroïde compatible avec un étranglement, plaie profonde à la tempe, usage du taser, plaquage ventral, coups multiples. El Hacen Diarra est mort d’une “défaillance cardio-circulatoire”, formule administrative qui masque mal une réalité autrement plus brutale. Il a été violenté, étranglé, frappé. On peut le dire sans détour : il a été torturé avant de mourir. Cette énième victime de la Police n’est pas imputable à un simple “excès individuel” ou une “bavure isolée”, mais à une culture institutionnelle qui tolère la brutalité et le racisme en son sein.

RIP - El Hacen Diarra Tazé et Tué par la police 14 janvier 2026. Les murs parlent, la masse se tait !

Ce crime n’est pas une bavure. Il s’inscrit dans une politique qui vient de loin. Depuis les lois Pasqua de 1993, plus de dix-sept lois sur l’immigration ont été adoptées, toutes plus répressives les unes que les autres, au nom d’une obsession sécuritaire dictée par l’extrême droite mais reprise, digérée et normalisée par l’ensemble de l’échiquier politique. Pour rappel : Lois de 1993 (n°93-933 et n°93-1027) ; Loi n°94-1136 (1994) ; Loi n°97-396 (1997) ; Loi n°98-170 (1998) ; Loi n°98-349 (1998) ; Loi n°2003-1119 (2003) ; Loi n°2003-1176 (2003, droit d’asile) ; Loi n°2004-735 (2004) ; Loi n°2005-32 (2005) ; Loi du 24 juillet 2006 (immigration et intégration) ; Loi du 20 novembre 2007 ; Loi du 16 juin 2011 ; Loi du 29 juillet 2015 ; Loi du 7 mars 2016 ; Loi du 10 septembre 2018 ; Loi du 26 janvier 2024. 

À ce stade, que reste-t-il à inventer ? Le retour assumé des rafles, comme le suggère sans trembler Me Arno Klarsfeld ?

Même logique du côté de la “guerre à La drogue” : un empilement de lois iniques, renforcées au fil du temps, pour des résultats dérisoires et un coût humain considérable. Plus de moyens pour la police et la répression féroce qui n’a pas réduit la consommation ni l’économie souterraine, mais qui a creusé le fossé entre l’État et les quartiers populaires, tout en justifiant des pratiques discriminatoires. Immigration ou stupéfiants, peu importe : l’argumentaire est interchangeable. Toujours le même triptyque – menace, étranger, contrôle – servi à grand renfort de fantasmes sur la “submersion migratoire”, le “narcotrafic” et même “narcoterrorisme”, l’ennemi intérieur. Une rhétorique d’extrême droite qui performe bien au-delà de ses rangs, car elle prospère sur la peur et la morale punitive.

Le trumpisme n’est pas une anomalie américaine : il gangrène désormais les esprits en France. La lepenisation a laissé place à la bollorisation, la brutalité est devenue une opinion comme une autre, le néofascisme une tendance médiatique. Mensonges, amalgames et discours grégaires nourrissent une machine médiatique prête à tout pour capter l’attention, quitte à devenir un simple relais de propagande.

Dans ce contexte, a-t-on vu la moindre enquête sérieuse sur la répétition, à intervalles réguliers, de morts suspectes lors d’interpellations dans le 20ᵉ arrondissement de Paris ? En dehors de quelques médias indépendants et de collectifs militants, qui rappelle le passif du quartier – de Lamine Dieng en 2007 aux adolescents percutés par une voiture de police en 2023 – le silence est assourdissant. Sauf Blast, le souffle de l’info, aucun grand média n’ose mettre en perspective dix ou quinze ans de contrôles qui se terminent par la mort.

Des “black panthers” aux groupes d’autodéfense populaire

Aux États-Unis, la résurgence des Black Panthers – non comme folklore, mais comme organisation d’auto-défense communautaire – dit quelque chose de l’état de décomposition du pacte social. Là-bas, l’armement (pour se défendre) est constitutionnel ; ici, il est très réglementé. Mais le signal est le même : lorsque l’État devient une menace plutôt qu’une protection, les communautés s’organisent.

Soyons clairs : il ne s’agit pas de fantasmer une lutte armée, la “guerre civile”, ni de singer l’histoire américaine. Il s’agit de poser une question politique fondamentale. Face à l’arbitraire policier, à l’impunité institutionnelle, à la banalisation de la violence raciste, combien de morts faudra-t-il encore avant que l’auto-défense populaire – juridique, médiatique, collective, solidaire – cesse d’être un gros mot ?

Face à ce constat, avec PEPS, nous proposons de renforcer la démocratie là où elle est concrète, réelle et vivante : au niveau de la commune. C’est l’un des axes majeurs du projet communaliste défendu par Proposition Communaliste 2026 – PEPS. Pour PEPS, la commune est la cellule vivante de la vie politique et sociale, là où les habitant.e.s peuvent décider ensemble de leur avenir, créer des assemblées populaires, gérer des services publics autogérés, défendre des communs, et lutter contre la centralisation des pouvoirs qui favorise les dérives autoritaires. Ce communalisme s’inspire de traditions historiques d’autonomie populaire — des communes franches médiévales aux conseils ouvriers, des ZAD aux expériences libertaires contemporaines, du Chiapas au Rojava — et entend faire de la démocratie directe un rempart contre la concentration du pouvoir, les dérives du capitalisme et de la bureaucratie étatique.

Ce projet propose non pas une évasion hors de la politique mais une réappropriation de la politique elle-même, en mettant fin à la verticalité hiérarchique et en réinventant des formes d’auto-organisation citoyenne capables de contrer la montée des fascismes contemporains. Il invite à transformer la peur en confiance, la résignation en désir, la surveillance en participation, et l’oppression en collectivités conviviales et vivantes.

Dans la France où les élections municipales de 2026 se présentent comme un moment charnière, cette approche communaliste offre une alternative nette aux dynamiques centralisatrices et autoritaires, pour contrer l’implantation du RN et ses alliés. Au lieu de céder au fatalisme ou à la simple opposition partisane, il s’agit de bâtir des contre-pouvoirs locaux durables, capables de garantir non seulement la transparence et l’autonomie citoyenne, mais aussi la justice sociale, l’écologie, l’inclusivité et la solidarité.

De Minneapolis à Ménilmontant, un même avertissement nous est adressé : une démocratie qui tolère que l’on étouffe ses citoyens étouffe elle-même. Et face à cela, la réponse la plus forte n’est pas l’affrontement armé, mais l’auto-organisation politique consciente, solidaire et collective – celle qui naît de l’expérience vécue, des luttes quotidiennes et des communes libres qui refusent de mourir.

Déclarations publiques aux USA : 

Victor Wembanyama : https://youtube.com/shorts/uHvWFPC9klk?si=fCHBONrXoibLfmg8 

Protest songs anti-trump, anti-ICE, antifascist : 

https://youtu.be/4PUOhAJG5EU?si=-JiF_ihylhw-GVAe

Tom Morello : https://youtu.be/LLMKAxFtjB8?si=SB60cnv_a5F0Uzop

Bruce Springsteen : https://youtu.be/GDaPdpwA4Iw?si=sv_6ypxjheWW0_0x ; Live avec Tom Morello : https://youtu.be/2xknjAm5fa4?si=dkhHQJP3ypz1BUFm

NoFX : https://youtu.be/sU6s6VEJxrU?si=AG7RGsMuTo-DaNts

GreenDay : https://youtu.be/dsnuOZyogxA?si=OA__t1Q5RtEjyPGv

Billy Bragg : https://youtu.be/IKOW2ZikGW8?si=cPDRLR0zMPHUBYbR

Dropkick‑Murphys : https://youtu.be/Y-669AAvIgo?si=9ozEiSxLxgGGq_OH

The Midnight Republic : https://youtu.be/vGAHzvVwc_Y?si=d8NKmlrOCEO0ZK-N

Bruce Spingsteen révolté, enregistre une chanson dont les paroles attaquent le Trumpisme et rappelle que les gens dans les "rues de Minneapolis" se défendent face aux exactions d'ICE.
Peu importe l'âge, que ta peau soit noire ou bronzée, tu peux te faire enlever par ces agents sur-armés.
"ICE OUT", dans de nombreuses villes aux USA, les assemblées populaires, les manifestations, les actions collectives s'organisent pour dire STOP !
In our chants of ICE out now !
RIP - El Hacen Diarra Tazé et Tué par la police 14 janvier 2026. 
Les murs parlent, la masse se tait !