Pour la libération de Ritchy Thibault : contre la criminalisation des luttes sociales, écologistes et antiracistes

Ritchy Thibault, 22 ans, est étudiant en master 2 d’anthropologie à l’École des hautes études en sciences sociales (EHESS). Militant depuis l’adolescence, il s’est engagé au croisement des luttes populaires, antiracistes, écologistes et de défense des minorités. Issu d’une famille classée Gens du voyage, il a fait de la lutte contre l’antitsiganisme un axe central de son engagement.

En 2018, à seulement 14 ans, il rejoint le mouvement des Gilets jaunes en Gironde. En 2019, il participe à la fondation de Peuple Révolté, un média militant consacré aux luttes sociales et écologistes. Il est également cofondateur de ZOR, collectif de jeunesse romani et voyageur mobilisé contre l’antitsiganisme. Co-porte-parole de PEPS — Pour une écologie populaire et sociale, il défend une conception de l’écologie qui relie la protection du vivant à la justice sociale, à l’antiracisme et à la lutte contre les rapports de domination.

Aujourd’hui, Ritchy Thibault est incarcéré à Fleury-Mérogis dans l’attente de son procès, fixé au 9 décembre 2026. Cette détention provisoire fait suite à une prise de parole lors d’une mobilisation lycéenne à Saint-Denis, au début du mois d’octobre où il appelait à « former des barricades et à faire la révolution ».

Ces paroles sont radicales et peuvent susciter des désaccords. Mais désapprouver des propos ne signifie pas renoncer à interroger la nécessité et la proportionnalité de la réponse judiciaire. En l’absence d’acte de violence reproché à Ritchy Thibault dans cette affaire, son maintien en détention provisoire soulève des questions sérieuses. Sa demande de mise en liberté doit être examinée par la cour d’appel.

L’enjeu dépasse désormais sa seule situation. Jusqu’où peut aller la réponse pénale à des paroles politiques radicales ? Le recours à des références révolutionnaires, même provocatrices, doit-il conduire à une privation de liberté dans l’attente d’un procès ? Alors que les procédures visant des militants suscitent des inquiétudes, nous devons rester vigilantEs face au risque de criminalisation de la contestation sociale et politique. Ritchy Thibault pourrait-il devenir le symbole d’une répression plus large des mouvements populaires ?

La République française se réclame de son histoire révolutionnaire, de ses barricades et de ses combats pour les libertés. Cette histoire devrait nous conduire à défendre un débat démocratique dans lequel la radicalité politique ne serait pas, à elle seule, assimilée à la violence. La détention provisoire ne doit être ni une peine anticipée ni un moyen d’intimidation.

Nous demandons la libération de Ritchy Thibault et appelons à soutenir sa demande devant la cour d’appel. Nous invitons les éluEs, les organisations politiques et syndicales, les associations, les collectifs militants, les citoyennEs et toutes les personnes attachées aux libertés publiques à signer et à relayer cet appel.

Ne laissons pas une affaire individuelle devenir le symbole d’un rétrécissement de l’espace de la contestation. Défendre les libertés de Ritchy Thibault, c’est défendre le droit de toutes et tous à s’engager, à contester et à porter des idées radicales sans que le désaccord politique suffise à les disqualifier.

Pour signer, c’est dessous

https://s.42l.fr/Liberation-Ritchy-Thibault