Soutien à notre camarade Ritchy Thibault, prisonnier politique.

Communiqué PEPS

#JeSuisRitchy #FreeRitchy ; Soutien à notre camarade Ritchy Thibault, prisonnier politique.

Ce lundi 5 octobre, la « justice » française a jeté les bases d’un état de non-droit en faisant de Ritchy Thibault le plus jeune prisonnier politique en France. Notre camarade a été placé en détention provisoire pour de simples paroles prononcées lors d’un rassemblement lycéen. Cette date restera celle du basculement de la France dans l’autoritarisme, où, à nouveau, on met en prison pour des mots provocateurs, des paroles révolutionnaires, pour des idées belles et rebelles. Nous ne l’accepterons pas. PEPS condamne avec la plus grande fermeté le harcèlement judiciaire inique dont fait l’objet notre ami.

Ritchy, militant de PEPS, en est l’un de nos portes paroles. Il défend, avec panache et impertinence, le communalisme, l’antiracisme, l’anticolonialisme et le droit à l’autodétermination des peuples. Son engagement pour dénoncer l’anti-tsiganisme s’inscrit parfaitement dans les valeurs de l’écologie sociale. La répression féroce dont il est victime souligne la justesse de ses engagements politiques dans la société française. 

Depuis deux ans, Ritchy subit un acharnement policier dont la démesure ne cesse de s’aggraver. En février 2024, il est mis en garde à vue pendant 48 heures pour avoir interpellé Emmanuel Macron au Salon de l’agriculture. Le procès est renvoyé en septembre 2026. Toujours en 2024, il est exclu de l’Assemblée nationale, alors même qu’il exerce la fonction d’assistant parlementaire. 

Ensuite, les procédures-bâillon s’enchaînent, sous divers prétextes. En février 2026, il est placé en garde à vue. Son crime : avoir cité Frantz Fanon durant une manifestation anticoloniale. Ces interpellations régulières de manière préventive et illégale n’ont pas d’autre but que de l’intimider.

Le 8 septembre 2O26 se déroulait son procès contre Emmanuel Macron. L’audience très tendue a abouti à l’expulsion du prévenu de la salle, de ses soutiens et de ses avocats. Le procès s’est poursuivi à huis clos, dont le jugement a été annoncé ce mardi 6 octobre 2026.

La situation s’est aggravée jeudi 1er octobre 2026, lorsqu’il a été placé en détention provisoire et mis à l’isolement après une prise de parole lors d’un rassemblement lycéen à Saint-Denis. Comme à chaque fois, les images qui témoignent de ses interpellations montrent une violence policière disproportionnée, comme celles lors de la marche blanche en hommage à Paul Tancre (généralement appelé Lapin). Le lundi 5 octobre, après 4 jours en détention provisoire, il passait à la barre du Tribunal de Bobigny en comparution immédiate. 

Selon un militant de PEPS présent à l’audience : « Dans une mascarade de justice à la sauce macroniste, la juge a refusée de le laisser s’exprimer, puis imposée une première interruption de séance, et ensuite elle a fait expulsée toute l’assistance venue soutenir notre camarade militant antiraciste ». Comme une mince victoire dans ce bras de fer, les conseils de Ritchy ont demandé et finalement obtenu le report du procès au Mercredi 9 décembre 2026. Malheureusement, il devra rester en détention provisoire pendant les deux mois et deux jours qui le sépare de cette échéance judiciaire, sans doute à l’isolement. Les avocats font appel de cette dernière décision.

Comme nous nous y attendions, le rouleau compresseur des injustices a sévi ce mardi 6 octobre, avec le délibéré de son procès. C’est depuis le centre pénitentiaire de Fleury-Mérogis où il est incarcéré qu’il a appris sa condamnation à quatre mois de prison avec sursis. Ses avocats dans un communiqué annoncent faire appel de cette décision (lire ci-dessous).

Ritchy n’a jamais commis de violences envers quiconque, cependant il exprime une critique virulente, une opposition véhémente contre les violences du capitalisme et du pouvoir d’État sur des populations discriminées. La violence ne sort pas de la bouche de notre camarade, elle réside dans la réaction des gouvernements macronistes pour répondre aux multiples soulèvements spontanés depuis la scandaleuse affaire Benalla, le symbole de l’arrogance de Macron : « le seul responsable de cette affaire c’est moi, et moi seul (…) s’ils veulent un responsable, il est devant vous qu’ils viennent le chercher« . La violence ne vient pas des mots de Ritchy, elle est dans la matraque qui s’abat, ces dernières semaines, sur les adolescents qui revendiquent de meilleures conditions pour leurs études. Cette violence est mortelle quand elle sort de l’arme de policiers fauchant la vie d’un gitan comme « Lapin », d’un racisé ou d’un jeune comme Nahel. Elle est aussi dans les tombereaux d’injures et de mensonges que déversent ses derniers jours, à propos de Ritchy, les médias réactionnaires. Plus généralement, la violence est dans les conséquences du capitalisme et de l’autoritarisme qui détruisent chaque jour des vies, des peuples et des écosystèmes, tout ce contre quoi nous nous soulevons. L’État protège sa violence par la violence, la répression, les injustices comme celle qui frappe Ritchy.

Ce qui est en train de se passer est d’une extrême gravité : un jeune homme est condamné pour délit d’opinion, il est un prisonnier politique. Nous n’avons plus affaire à des procès en des termes de droit, mais à des procès politiques, dignes d’un régime autoritaire. C’est inacceptable. Après la campagne internationale « Je Suis Charlie » pour défendre la liberté d’expression, comment justifier une telle censure. Verra-t-on fleurir des #JeSuisRitchy comme on cherche où est Charlie ? Ne nous leurrons pas, la « justice » ne s’arrêtera pas au cas de Ritchy Thibault. Ce sont tous ceux qui remettent en cause les exactions de l’État capitaliste, colonialiste et policier, qui devront subir le musellement et l’emprisonnement. Ce qu’endure Ritchy est en réalité une menace pour notre liberté, à tous.

PEPS soutient, sans réserve, Ritchy Thibault dans les épreuves qu’il traverse. Les conséquences dépassent la privation de liberté et concernent la poursuite de ses études, la conservation de son emploi et de son logement. Sa situation doit être médiatisée le plus possible, afin que la population prenne conscience du tournant totalitaire du régime. Nous encourageons les rassemblements et les actions de protestation pacifiques en soutien à notre camarade. Soyons nombreux à exprimer notre refus de cette répression sans nom.

Partout, clamons-le haut et fort, “JeSuisRitchy” – #FreeRitchy

Libérez notre camarade 

Libérez Ritchy Thibault.

Vive Ritchy

Vive la liberté  

Soutenons Ritchy Thibault : Cagnotte de solidarité

Pour lui écrire : (pensez à ajouter une enveloppe pré-timbrée et du papier)

Ritchy Thibault

Maison d’arrêt de Fleury-Mérogis

Numéro d’écrou : 500978

7 avenue des Peupliers

91700 Fleury-Mérogis

“L’agora de PEPS”

“Gilets Jaunes, Gilets GenZ”

Retrouvons-nous, Dimanche 11 octobre à 19h, dans “l’Agora de PEPS”, un rendez-vous régulier (sur Internet) pour faire le point de la situation politique, des luttes éco-syndicalistes, du mouvement social et de l’antifascisme, des résistances citoyennes locales et internationales. 

Pour ce premier rendez-vous nous évoquerons notamment : la situation de notre porte-parole Ritchy Thibault au lendemain du jugement de son procès contre Macron, des mobilisations dans les lycées et universités, de la grande manifestation contre Syngenta, des perspectives en lien avec l’appel “gilets jaunes – Gen Z” du 17 octobre…

Avec : Benjamin Ball, Alba Bègue, Babeth Demeester, Patrick Farbiaz, Marjorie Keters.

Animé par : Farid Ghehioueche