« Je viens d’apprendre mon placement en détention provisoire. Il s’inscrit dans la suite logique du déchaînement répressif dont je fais l’objet depuis maintenant plusieurs années. Comme je n’ai eu de cesse de le rappeler, aucune sentence de l’institution judiciaire ne me fera reculer. Je reste debout et déterminé. Chacune de leurs mesures renforce ma conviction qu’il y a urgence à faire tomber l’ordre établi.
Je dis aux amis et aux camarades qui me lisent : tenez bon ! Nous finirons par les faire plier. Nous sommes plus forts qu’eux. Ils ne pourront pas tous nous mettre en prison. Je vais tout faire pour que les rébellions, émeutes et insurrections gagnent également l’espace carcéral. De votre côté, je sais que vous irez avec toute la radicalité nécessaire devant les geôles des commissariats et des prisons pour libérer vos frères et sœurs de lutte.
« Comme disait Raymond Gurême – en parlant des tortionnaires du pouvoir –, « ils ont eu la graisse, ils n’auront pas la peau ». C’est dans cet état d’esprit que je me trouve, et j’irai jusqu’au bout en leur rendant tous les coups, sur le modèle de notre héros de l’autodéfense populaire, Christophe Dettinger. J’ai ouï dire que la rage des lycéens est toujours d’une grande vivacité. Il faut que l’on se tienne tous à leurs côtés : il est l’heure de la revanche.
Les miens ont résisté ardemment à des siècles de persécution allant jusqu’au génocide, des barbelés des camps de concentration jusqu’aux prisons françaises d’aujourd’hui. L’État français veut nous maintenir enfermés, mais nous avons toujours trouvé et nous trouverons toujours moyen de nous évader.
Je crois en la force des pavés, des barricades et du feu révolutionnaire.
Je suis loin d’être le premier qu’ils enferment pour ses idées révolutionnaires, mais c’est à nous de faire en sorte qu’ils ne puissent plus faire subir ce sort à d’autres.
Les chiens de garde du pouvoir comptent me juger ce lundi 5 octobre 2026 à 13 h au Tribunal judiciaire de Bobigny.
Je ferai de cette audience, comme je l’ai toujours fait, une ode à la révolution, notre salut commun.
Je terminerai avec les mots de ma mère, qui, dès mon plus jeune âge, m’a dit : « La loi est faite pour écraser les plus faibles. » Mais elle m’a aussi appris que nous ne sommes pas condamnés à subir. Alors oui, je suis certain que nous ferons tomber la tête de tous les nervis de ce régime et que nous arracherons une vie meilleure.
Avec ma plus grande combativité
Le 3 octobre 2026, Bobigny
Ritchy Thibault »