Communiqué PEPS – 1er octobre 2026
LA JEUNESSE N’A PAS À SE TAIRE POUR ÊTRE RESPECTÉE !
La jeunesse doit être écoutée, pas réprimée !
Alors que les lycéens et lycéennes se mobilisent pour dénoncer la dégradation de leurs conditions d’études et défendre leur avenir, nous tenons à exprimer notre solidarité avec cette jeunesse qui refuse de subir en silence les décisions qui engagent sa vie.
Face à ces mobilisations, l’ampleur de la réponse policière et judiciaire nous inquiète profondément. Selon le bilan communiqué le 30 septembre par le ministère de l’Intérieur, 625 interpellations ont été recensées à l’échelle nationale. Les gardes à vue signalées dans plusieurs villes, dont certaines concernent des mineurEs, soulèvent de graves questions sur le traitement réservé à cette jeunesse.
À 14, 15 ou 16 ans, découvrir l’engagement collectif ne devrait pas signifier découvrir la garde à vue ! Et devenir
majeurE ne doit pas davantage signifier devoir renoncer à ses libertés pour faire entendre sa colère. Un de nos porte-paroles, Ritchy Thibault est lui-même en garde à vue à Saint-Denis (93).
Pour PEPS, nous voyons dans ces événements une question fondamentale : celle des rapports de domination qui structurent notre société. Patriarcat, capitalisme, adultisme et autoritarisme participent, sous des formes différentes, à des logiques de dépossession, de contrôle et de hiérarchisation des êtres humains.
Une jeunesse qui s’organise, qui questionne l’ordre établi et qui refuse la résignation n’est pas une menace pour la démocratie. Elle en est une expression vivante.
Nous refusons une conception de l’éducation fondée sur l’obéissance, la compétition et la soumission à l’autorité. Nous défendons une éducation émancipatrice, construite autour de l’esprit critique, de l’autonomie, de l’entraide et de la démocratie directe. Les jeunes ne sont pas seulement l’avenir de notre société : elles et ils en sont déjà des actrices et acteurs à part entière.
Nous demandons la transparence sur les interpellations et les gardes à vue, le respect des libertés fondamentales, des garanties particulières pour les mineurEs et le contrôle indépendant de tout usage disproportionné de la force.
Notre solidarité va à l’ensemble des jeunes mobiliséEs, mineurEs comme majeurEs, ainsi qu’à celles et ceux qui défendent leurs droits.
Prendre soin de la jeunesse, ce n’est pas lui apprendre à rentrer dans le rang. C’est reconnaître sa capacité à penser, à résister aux dominations et à construire collectivement d’autres possibles.
Parce qu’il n’y a pas d’écologie sans justice sociale, ni d’émancipation sans remise en cause des hiérarchies, la parole et les droits de la jeunesse doivent être pleinement reconnus.
Pour une société fondée sur l’entraide, l’autonomie, le soin du vivant et la démocratie directe.