L’agro-industrie fait sa pub : 2ème édition                   des Journées Nationales de l’Agriculture

les 17, 18 et 19 Juin 2022

PEPS soutient la Lettre du Groupe Action FI O’Causes Commune – Orléans ouest

LETTRE OUVERTE A NOS CONCITOYEN-NES

             Alors que se met en place le second quinquennat de Macron et que la campagne législative bat son plein, nous refusons que soient sous-estimées voire occultées les crises agricoles et alimentaires qui, de surcroit, s’inscrivent dans un contexte de réchauffement climatique.

             Les 17, 18 et 19 juin prochain aura lieu la deuxième édition des Journées Nationales de l’Agriculture (les JN’Agri). Ces journées, comme le Salon international de l’Agriculture, sont les vitrines du modèle agro-industriel français. Nous dénonçons ces « journées » qui ne visent qu’à se servir de l’image de l’agriculture paysanne comme celle des agriculteurs non pas, pour permettre son développement, mais pour faire la publicité des représentants de l’agro-industrie qui en sont les partenaires et les mécènes !

Ainsi, au terme des cinq années écoulées depuis les États Généraux de l’Alimentation, nous ne pouvons que constater l’abandon des principales promesses du premier quinquennat de Macron pour la transition écologique et sociale du système agroalimentaire ; ce qu’il faut sauver c’est l’image du système dominant qui serait : « mal compris des Français » !

             Là où les réformes engagées devaient permettre de revaloriser le revenu paysan, celui-ci a continué à se dégrader au profit de l’agro-industrie. Là où nous réclamions une réelle prise de conscience des enjeux sociaux et environnementaux, nous devons faire face à « l’immobilisme autoritaire » qui prévaut depuis le discours de Rungis. 

             Des voix se lèvent et tentent de dénoncer le système dominant. Il y a peu, le 11 mai dernier, huit ingénieurs agronomes fraîchement diplômés d’AgroParisTech (partenaire des JN’Agri) ont appelé leurs camarades de promotion à « déserter ». Les résistances au système agro-industriel sont nombreuses et se traduisent par des actions concrètes trop souvent ignorées du grand public. La société civile lutte contre le libre-échange, développe des circuits alternatifs de distribution comme le commerce équitable. Les AMAP, les boutiques ou les marchés de producteurs remettent l’alimentation au service des populations et des territoires.

             Cette lettre ouverte a pour objectif d’informer nos concitoyen-nes sur les dangers qui nous attendent si l’Alimentation n’est pas reconnue comme un des piliers essentiels de notre société ! La Confédération Paysanne, en 2020, nous alertait déjà : « Les crises que nous vivons montrent que bien des domaines de notre quotidien doivent être extraits des logiques de compétition mondiale, de recherche de profit à tout prix, de financiarisation de l’économie réelle comme de la de spécialisation des territoires. » Nous partageons le constat fait par des chercheuses et des associations et ONG : le droit à l’alimentation n’existe pas dans notre pays et il est inféodé au droit du commerce.

             En pleine campagne législative, il nous paraît essentiel de débattre sur l’avenir de notre système alimentaire.  « Si on continue à piller les ressources naturelles, à considérer la terre, le vivant et la main-d’œuvre comme des marchandises comme les autres, à produire l’alimentation comme une denrée industrielle standardisée et échangeable à travers la planète, comment ferons-nous face à l’effondrement de la biodiversité, aux conséquences sanitaires et agronomiques du changement climatique ? Si on continue à breveter le vivant et déléguer la production de semences à des firmes multinationales, qu’en sera-t-il en période de crise si nous n’avons pas la main sur la base de toute notre alimentation ? Si on continue à construire des filières internationalisées dont le moindre choc économique, sanitaire, climatique, engendre une volatilité catastrophique des marchés, comment garantir des prix justes, stables et sécurisés pour nous, paysannes et paysans, qui vous nourrissons, ici et ailleurs ? » (Denis Perreau, secrétaire nationale de la Confédération Paysanne)

             C’est pourquoi, nous proposons, en référence à de nombreux travaux tels que ceux de Bernard Friot, du Réseau Salariat, du Festival d’Alternatives Alimentaires (FAA) ou du Collectif Démocratie alimentaire et bien d’autres, « l’élaboration d’une Sécurité sociale de l’alimentation (SSA), le droit à une alimentation durable pour tous et toutes intégrant les conditions de production, de transformation, de distribution et de consommation des produits alimentaires. Le service public de la restauration collective, les marchés d’intérêt national ou les épiceries solidaires doivent prendre leur place dans les systèmes alimentaires, en étant décidé et choisi par les habitants et habitantes. »

pour voir la Lettre en entier https://www.facebook.com/OCausesCommunes/

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