Primaire populaire, la profession de foi de Anna Agueb-Porterie

Notre camarade Anna Agueb-Porterie, militante à PEPS 93 qui a participé à fonder avec nous la plateforme de sensibilisation aux dangers industriels Notre Maison Brûle, a décidé de s’engager à titre individuel et porte aujourd’hui une candidature citoyenne dans la Primaire populaire. Voici sa profession de foi.

Profession de foi pour ma candidature à La Primaire Populaire. Vous trouverez mon nom sur le bulletin de vote du 27 au 30 janvier 2022. Pour s’inscrire au vote : https://primaire-populaire.neovote.com/

J’ai décidé de m’engager pour la première fois de ma vie parce qu’il y a urgence pour notre génération, pour la Terre, pour l’avenir de nos enfants. J’ai 24 ans et je travaille dans une association citoyenne d’éducation populaire. Je me réclame de l’écologie populaire et sociale et de l’écoféminisme, celle du communalisme qui inspire les zapatistes et les Kurdes, celle des ZAD et des soulèvements de la terre, celle des luttes contre la déforestation et l’extractivisme, celle des luttes contre les pollutions industrielles et de l’agro-alimentaire, celle de l’animalisme et du décolonialisme, celle des marches climats et des Gilets Jaunes pour qui fin du monde et fin du mois sont un même et seul combat.

Ma candidature se veut une incarnation citoyenne face aux appareils politiques. Je connais les discriminations parce que je les ai vues, entendues, parfois subies. Parce que femme, parce que jeune, parce qu’issue d’une descendance africaine, parce qu’ayant grandi à la campagne. Parce que ni blanche, ni homme, ni aisée. Je connais le coût de la résistance aux oppressions systémiques de notre société, mais je connais aussi la force énorme dans nos cœurs qui peut se soulever contre ces injustices.

Mon éducation m’a appris que les inégalités et lapauvreté créent de la souffrance, j’en garde aussi les valeurs qui me guident : la fraternité et la sororité, la solidarité, l’humanisme, la tolérance, l’égalité et la quête de justice sociale.

Face à la zemmourisation des esprits, j’estime qu’il faut rassembler un bloc populaire écologiste, une coalition arc-en-ciel face au bloc suprématiste blanc, raciste et patriarcal qui veut revenir au « bon temps des colonies » et faire de l’étranger un bouc émissaire.Face au bloc bourgeois de Pécresse et de Macron qui veulent en finir avec les droits sociaux acquis par des décennies de lutte, j’estime qu’il ne faut rien lâcher et au contraire se battre pour les étendre pour que tout le monde ait le droit à une vie bonne et digne.

Je participe à la Primaire populaire dans l’espoir de réunir le peuple de gauche et le peuple de l’écologie mais sur une orientation claire, celle de la rupture avec le capitalisme qu’il soit bleu, rose ou vert. Notre génération a connu Nuit Debout et s’est élevée contre la politique bourgeoise du PS.

Notre génération a connu ceux qui, de Hulot à De Rugy, nous ont mentis avec du greeenwashing en guise d’écologie. Nous ne voulons plus remettre trois sous dans la machine pour faire la même politique qui rend les fins de mois toujours plus dures et la fin du monde toujours plus proche.

Notre génération ne pardonne pas les violences policières dans nos quartiers populaires et contre nos manifestations pacifiques. Nous ne comprenons pas ceux qui prétendent représenter la gauche en participant aux rassemblements des syndicats de policiers d’extrême – droite, ces mêmes parfois impunis qui sévissent encore.

Si je me présente aujourd’hui aux suffrages de la Primaire Populaire, c’est parce que notre génération doit être représentée dans une présidentielle qui s’annonce particulièrement marquée par les discours racistes et xénophobes. Je ne me présente pas pour obtenir le pouvoir, mais pour porter nos voix, montrer nos visages, lever nos poings contre ce système qui nous ignore et nous écrase !

C’est en cohérence avec nos convictions les plus profondes : par-delà nos origines, nos couleurs, nos croyances nous partageons une planète à défendre, un besoin de commun, et l’espoir de dégager les dominants qui oppressent. Notre France n’est pas celle des rois ou des généraux idéalisés par Zemmour et Macron. Notre France c’est celle des Sans-culottes aux Gilets jaunes, de la Commune de Paris au Front Populaire de 1936, des esclaves insurgés de Spartacus à Saint-Domingue, celle des décoloniaux et du Comité Adama, celle des zadistes de Notre Dame des Landes et des antinucléaires.

Notre France c’est celle de la libération des femmes et de l’émancipation des LGBTQI.Notre France, belle et rebelle c’est celle que Zemmour et ses semblables voudraient rayer de l’Histoire, c’est celle des invisibles qui se soulèvent, c’est la Liberté qui nous guide vers de jours meilleurs ! Ne croyons pas que l’élection présidentielle doit être le seul moment où l’on s’intéresse à la politique.

Ce n’est qu’une lutte parmi d’autres, et il faut la mener comme les autres pour à la fin ne plus avoir à la subir. Je pense ainsi qu’il faut supprimer la présidence de la République. Un homme ou une femme providencielle ne changera rien si les femmes et les hommes de ce pays ne prennent pas leurs affaires en main, ne s’auto-organisent pas dans leur Commune, leur entreprise, leur fac ou leur lycée.

Cette organisation est possible, réelle, concrète, au local, au national, à l’international. Partout où nous nous organisons nous pourrons nous faire entendre.

C’est à la base, dans l’expérimentation sociale et les alternatives, dans nos luttes, que nous créerons du commun que nous y arriverons. L’heure n’est pas à la résignation mais au rassemblement de nos énergies. Comme le disait Aimé Césaire, « c’est l’heure de nous même !

Anna Agueb Porterie, le 7 janvier 2022

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